Pendant plusieurs années, j’ai utilisé un trépied bon marché (entendez par là lourd, encombrant et peu fiable). Il m’a tout de même bien rendu service. Pour être tout à fait honnête, il me suffisait parfaitement jusqu’à mon passage au plein format. En effet, un bridge ou un boîtier reflex (550D) avec une optique entrée de gamme (18-135 ou 55-250) ne pèse pas lourd (en général 1kg à 3kg).

Manque de pot, un soir de janvier par -5°, j’ai cassé la tête de mon trépied. Le tout est devenu inutilisable. La tête faisant partie intégrante du tout. OK, c’est l’occasion de m’en acheter un nouveau. Après quelques recherches rapides, je me suis rendu compte qu’il existe pléthore de modèles différents.
Alors, comment choisir ?

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Le matériau de fabrication

Les trépieds existent en plusieurs matières. Les plus répandues étant le plastique, l’aluminium et la fibre de carbone.

Pour les petits budgets, le premier choix se porte souvent sur le plastique. Je pense que cette matière est à éviter absolument (manque de rigidité, cassures fréquentes, mauvaise stabilité), le seul avantage réside dans le prix. Les premiers prix dans les trépieds aluminium sont très voisins de ceux en plastique et sont nettement supérieurs. C’est pourquoi je conseille vivement de choisir entre aluminium et carbone.

Les trépieds aluminium offrent souvent les avantages suivants:
– Qualité de fabrication (selon les marques évidemment)
– Résistance aux chocs
– Bonne stabilité due au poids

L’inconvénient principal est le poids (2kg à plus de 5kg).

La fibre de carbone offre quant à elle des propriétés fort intéressantes:
– Excellente absorption des vibrations
– Rigidité, résistance à la torsion (même entièrement déplié)
– Légèreté (1kg à 2kg suivant les modèles)
Ses désavantages:
– Trop léger pour certaines conditions, et offrant du coup moins de stabilité. La plupart des trépieds carbone sont fournis avec une colonne centrale disposant d’un crochet permettant d’y accrocher un poids (par exemple un filet avec des pierres ou un sac photo).

La stabilité (rigidité, torsion, absorption des vibrations)

Quand on commence à utiliser un trépied, on s’attend à un tant soit peu de stabilité. Plus le trépied est grand, plus il sera sujet aux vibrations. Cet inconvénient se voit également augmenté quand le trépied est léger. La fibre de carbone compense les vibrations et permet donc d’avoir des trépieds plus légers et plus grands, pour la même stabilité.

Afin de bien tester la stabilité, il suffit de déplier le trépied au maximum, de placer l’appareil photo et de déclencher avec des valeurs comme 1/2s et de marcher à côté du trépied pendant la pose.

La taille (déplié et plié)

Si la hauteur maximum pieds dépliés est une caractéristique importante, la hauteur minimum pieds repliés en est une autre. En effet, si vous voyagez avec votre matériel, le fait de pouvoir placer votre trépied dans un bagage peut être confortable, voire indispensable. Il faut donc penser à ce paramètre.

Le nombre de sections

Les trépieds à 4 sections ont, par définition, pour la même hauteur, des sections plus courtes. Donc, une fois les pieds repliés, le trépied est moins encombrant. Maintenant, la perte en stabilité est tout de même non-négligeable. A moins d’avoir absolument besoin du gain de place, il vaut mieux privilégier les 3 sections. En plus d’offrir une meilleure stabilité, ces derniers se déplient plus rapidement.

La maniabilité

Suivant le type de session photos, l’usage du trépied peut se révéler indispensable. Quand il s’agit de photos en ballade, le trépied est souvent replié accroché au sac, et l’opération de dépliage et repliage se multiplie. C’est à ce moment là qu’on appréciera une bonne maniabilité. Pour bien choisir, il faut manipuler. C’est à ce prix qu’on pourra se forger une bonne impression du trépied convoité.

Le système de serrage

Il existe principalement deux types de serrage. Les loquets et les anneaux de serrage.
A chacun sa préférence. Cependant, il y a une différence très nette entre les deux, c’est la fiabilité. En effet, au fil du temps, les loquets vont en se « désserrant » présentant du jeu, et ne remplissant plus pleinement leur fonction. Ils sont souvent fournis avec une petite clé qui permet de serrer le loquet afin de corriger cela.
Le problème ne se présente pas avec les anneaux de serrage. Il suffit de tourner, le plus souvent d’un quart de tour pour avoir un serrage précis et solide.

La tête (ou rotule)

Voici un élément très important, qui mérite un article à part entière. Je vais donc être relativement économe quant à la description faite ici.

Les têtes peuvent diriger l’objectif dans presque n’importe quelle direction. Les axes de rotation sont souvent au nombre de deux ou trois (rotation verticale, horizontale ou longitudinale). Le choix du type de tête dépend du type d’utilisation envisagé.

Le système de fixation est très important. Certaines têtes se fixent au boîtier en se vissant; simple et économique. Maintenant, c’est tout sauf pratique. Visser, dévisser, visser, dévisser… Ce type de têtes sont adaptées au studio, quand le boîtier ne quitte presque jamais le trépied.

 

Rotule Boule centrée avec système quick-release © Gitzo - GH1781QR

Rotule Boule centrée avec système quick-release © Gitzo – GH1781QR

La plupart des têtes existent avec un système de fixation rapide ou « quick-release ». Le système se compose d’une petite plaque qui se visse sous le boîtier et qui se fixe sur la tête un moyen d’un simple levier de serrage. Le point faible le plus courant des quick-release est le manque de précision et de fermeté de la fixation. Cependant la plupart des têtes offrent de très bonnes performances.

Les caractéristiques importantes pour une tête, sont:
– le système de fixation (à vis ou « quick-release ») et la précision du serrage
– le poids supporté (si vous utilisez du matériel lourd)
– les axes de rotation 2D, 3D
– la maniabilité (système de serrage et nombre de points de serrage)
– la présence de marquage des degrés sur la base pour les panoramas

En conclusion

Le choix d’un trépied n’est pas chose facile et mérite toutes les attentions de la part du photographe. La plus grande difficulté dans ce processus complexe reste de trouver un magasin avec un assez grand assortiment et permettant de manipuler les modèles. Personnellement, vivant à Genève, les quelques magasins spécialisés dans la région n’ont rarement plus que deux ou trois modèles en stock. Tout le reste se fait sur commande. Pas évident pour tester avant d’acheter…

Si vous avez des propositions, des idées, des commentaires ou des adresses n’hésitez pas à laisser un petit message 🙂